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14.07.2011

Les banques vont diminuer les frais liés aux transactions par carte bancaire

Souvent critiqué pour son immobilisme, notamment en termes de tarifs, le secteur bancaire devrait, à nouveau, connaître prochainement quelques changements en la matière, pour ce qui concerne, cette fois-ci, les frais perçus sur les transactions réalisées au moyen d’une carte bancaire, répondant ainsi à deux années de lutte du régulateur qui avait donc émis ce souhait de longue date.

En effet, comme celle-ci vient de l’annoncer, le 7 juillet dernier, l’Autorité de la concurrence semble avoir finalement réussi à convaincre les banques de diminuer le tarif des commissions qu’elles prélèvent, dans le cadre de l’utilisation d’une carte bancaire, moyen qui tend, qui plus est, à remplacer toujours plus souvent le chèque, et ce, aussi bien pour l’usager lui-même, lorsque celui-ci effectue un retrait auprès d’un Distributeur Automatique de Billets, que pour le commerçant, alors que son client lui règle un achat.

Selon ce même organisme, la réduction appliquée pourrait atteindre entre 20 % et 50 %, pour une entrée en vigueur dès le 1er octobre prochain, et pour une période de quatre ans, les établissements bancaires prévoyant déjà d’enregistrer une perte considérable, du fait de cette nouvelle mesure, s’élevant à 2,4 milliards d’euros de recettes, durant ce court laps de temps.

Ce sont les commissions interbancaires qui devraient alors marquer la chute la plus importante, de l’ordre de 36 %, rassurant ainsi un peu les commerçants, qui se voyaient facturés les transactions effectuées, auprès d’eux, par carte bancaire, par leurs clients, à des tarifs qu’ils jugeaient véritablement « pénalisants », selon une étude de l’Union Professionnelle Artisanale ; ce même sujet qui avait également fait s’élever des voix au sein de la Fédération des entreprises du Commerce et de la Distribution, qui voit donc aujourd’hui ses attentes satisfaites.

Les frais appliqués aux détenteurs eux-mêmes d’une carte bancaire, lors de retraits d’espèces, devraient, quant à eux, diminuer de 20 % environ, pour un prix qui se fixe, dans la plupart des cas, autour d’1 €, La Banque Postale restant la seule, à l’heure actuelle, à ne réclamer aucune commission, dans le cadre de telles opérations. Ainsi, l’Autorité de la concurrence a pu montrer sa satisfaction face à « la baisse de cette commission, aujourd’hui répercutée aux porteurs par la majorité des banques », qui « aura très vraisemblablement un effet direct à la baisse » sur le coût de fonctionnement d’un compte bancaire.

Malgré les bénéfices de cette nouvelle mesure, il semble cependant important de rappeler que celle-ci ne constitue qu’un simple accord, et en aucun cas une loi, et qu’elle n’a, en outre, pu être mise en place que par la crainte réelle de sanctions, onze établissements bancaires ayant déjà été obligés de verser récemment 384,9 millions d’euros, au titre de facturations de services jugées abusives, concernant alors des paiements par chèque.

Souvent dénoncées par les associations de consommateurs pour leurs pratiques tarifaires abusives, les banques risquent encore de voir leurs recettes diminuer par l’arrivée, dans les prochains mois, d’autres dispositions, autour des prélèvements, ainsi que des cartes bancaires Visa et MasterCard, même si celles-ci vont à contre-courant de la Fed, qui vient tout juste, aux États-Unis, d’autoriser ces deux réseaux, à revoir leur prix à la hausse.