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24.09.2011

Les agrégateurs de comptes bancaires éveillent la méfiance de la CNIL

Apparus aux Etats-Unis, avec des plates-formes telles que mint.com, les agrégateurs de comptes bancaires connaissent aujourd’hui un certain succès auprès des usagers des établissements bancaires en ligne, certaines enseignes ayant d’ores et déjà intégré ce type de services à leurs plates-formes, à l’image de Boursorama Banque, avec le MoneyCenter, offrant ainsi la possibilité de regrouper l’ensemble des informations issues de plusieurs comptes bancaires en un seul endroit, facilitant d’autant leur consultation.

Permettant de représenter de manière graphique l’ensemble des données collectées, les agrégateurs constituent un outil particulièrement efficace dans l’optimisation d’un budget, dans la mesure où ils garantissent, à leurs usagers, de prendre connaissance de manière claire et rapide de la répartition de leurs dépenses, leur assurant donc de prendre les mesures nécessaires à l’optimisation de chaque poste, raison pour laquelle un certain nombre d’usagers ont déjà franchi le pas et utilisent régulièrement ces services.

Malgré leur grand succès, un certain nombre de problèmes peuvent cependant se poser, concernant notamment la sécurité des informations rassemblées, comme l’a récemment souligné Sophie Vulliet-Tavernier, porte-parole de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, au micro de France Info, mettant en effet en évidence l’embarras que pourrait causer une intrusion dans les bases de données de ces nouveaux prestataires, cette possibilité étant même reconnue par les plates-formes elles-mêmes, comme le soulignent les Conditions Générales d’Utilisation de Linxo, qui indiquent que la plate-forme réalise « ses meilleurs efforts, conformément aux règles de l’art, pour sécuriser l’espace utilisateur eu égard à la complexité de l’internet », tout en rappelant bien que celle-ci « ne saurait cependant assurer une sécurité absolue ».

Ayant déjà mis en évidence un point particulièrement problématique dans l’utilisation des agrégateurs de comptes bancaires, la représentante de la CNIL a aussi tenu à évoquer les difficultés juridiques que peut entraîner l’utilisation de telles plates-formes, dans la mesure où celles-ci nécessitent généralement de leur confier les informations d’identification liées à chaque compte bancaire, fournissant ainsi aux intrus éventuels l’ensemble des moyens nécessaires à la réalisation d’une fraude en utilisant les outils mis à la disposition de ses usagers par l’établissement bancaire lui-même, la spécialiste laissant alors entendre que ces derniers pourraient se dégager de toute responsabilité, invoquant la faute de leur client du fait de son manque de vigilance.

Venant jeter le trouble sur les agrégateurs de comptes bancaires, les mises en garde de la CNIL constituent aujourd’hui un sujet de préoccupation pour un certain nombre d’usagers, alors même qu’une autre polémique se développe concernant le statut de ces plates-formes, concernant leur utilisation des données collectées ; celles-ci n’étant en effet pas soumises au secret bancaire, l’exploitation de ces informations, même rendues anonymes, pouvant leur apporter une source de revenus supplémentaires, venant donc ajouter aux craintes déjà présentes auprès des usagers de voir l’ensemble de leurs comptes bancaires tomber entre de mauvaises mains, la concentration d’informations d’identifications, auprès d’une seule plate-forme, pouvant aussi entraîner un risque plus important de fraude, ces prestataires constituant des cibles de choix pour les personnes mal intentionnées.