Les actualitÉs : Banque en ligne

15.03.2012

Changer de banque, une démarche toujours aussi aventureuse

Plus de deux après l’engagement des banques françaises à faciliter les demandes de transfert de compte, l’enquête de l’UFC-Que Choisir révèle que le changement de banque est une opération toujours aussi compliquée et jonchée d’écueils pour le consommateur. Pourtant, la mobilité bancaire serait une attente de 61% des consommateurs.

A l’occasion de la semaine de la mobilité bancaire organisée par Consumers International (réseau mondial des organisations de consommateurs) et dans le cadre de la journée mondiale du consommateur, l’UFC-Que Choisir a apporté au débat les résultats de son enquête sur la mobilité bancaire réalisée du 1er au 27 février 2012.

Depuis le 1er novembre 2009, les banques françaises devaient prendre des mesures pour assurer le succès d’un changement de banque, les autorités françaises et européennes comptant sur l’autorégulation pour mettre en place ce service. Qu’en est-il ? Interrogeant les usagers qui ont tenté de changer de banque depuis 2010, 40% ont rencontré des complications.

Les usagers abandonnent la procédure en cours

Le sondage de l’UFC-Que Choisir rapporte des chiffres manifestes de l’ampleur des difficultés rencontrées par les consommateurs qui ont voulu transférer leur compte dans une autre banque :

– 29% ont déclaré des décalages dans les transferts des virements et prélèvements ;

– 13% des erreurs de la banque d’arrivée ;

– 10% le passage d’un chèque sur l’ancien compte.

La procédure est si complexe que 31% des personnes interrogées ont abandonné en cours de route, soit parce qu’elles ont souscrit un crédit immobilier qui les bloque (18,7%), soit, pour un bon tiers d’entre elles, parce qu’elle trouve le changement trop compliqué ou trop long à faire (33%).

A l’appui de son enquête, l’UFC-Que Choisir réclame que soit rapidement instauré un système de portabilité du numéro de compte bancaire, similaire au dispositif existant en téléphonie mobile et souhaité par 61% des sondés.

L’autorégulation inopérante pour la mobilité bancaire

Laisser aux banques le soin d’organiser d’elles-mêmes un service de changement de banque s’avère un échec.

L’UFC-Que Choisir avait déjà démontré en octobre 2010 que les banques françaises n’avaient tenu qu’un tiers de leurs engagements. L’ACP relevait en septembre 2011 la faible proposition du service et la longueur des délais de mise en œuvre. La Commission européenne, à son tour, établit en février 2012, qu’en Europe, seuls 19% des clients-mystère ont réussi à ouvrir un compte en suivant le processus des banques.

En l’état de l’inertie des banques à proposer aux usagers une procédure simple pour changer de banque, l’UFC-Que Choisir prend les devants et entame trois actions :

  1. elle a saisi la Commission européenne en vu d’ouvrir une étude technique sur la création d’une portabilité du numéro de compte à l’échelle européenne, sur le modèle suédois,
  2. dans l’attente de ce dispositif, elle demande au Ministère de l’Economie d’instaurer un service de redirection automatique des opérations passées sur l’ancien compte, similaire au système de transfert de courrier de la Poste,
  3. elle propose aux usagers sur son site internet, www.quechoisir.org, des outils pratiques (lettres-types, fiches pratiques) pour accompagner le changement de banque.