Le taux hypothécaire Euribor commence le mois de juillet sous la barre des 1 %, mais les experts s’attendent à ce qu’il continue à augmenter.

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Le site Euribor 12 mois est inarrêtable puisque le relèvement des taux d’intérêt de la BCE est tout proche. L’indice a clôturé le mois de juin avec une moyenne mensuelle de 0,852%.son plus haut niveau depuis août 2012, après avoir affiché jusqu’à dix chiffres quotidiens supérieurs à 1 % (il a atteint 1,17 % au milieu du mois). Aujourd’hui, premier jour de juillet, il s’est détendu à 0,961%. L’indice rend déjà plus cher le prêt hypothécaire moyen de plus de 1 000 euros par an.

Dans le cas d’un prêt moyen de 150 000 euros sur 25 ans avec un taux d’intérêt de l’Euribor plus 1 % et une révision semestrielle, les remboursements mensuels augmenteront de 93 euros, soit 558 euros de plus qu’au semestre précédent. Si la révision est annuelle, les factures seront 91 euros plus chères par mois, ce qui équivaut à 1 100 euros de plus par an. Dans le cas d’un encours de 300 000 euros ou plus, l’augmentation peut dépasser 2 000 euros par an.

« Les remboursements mensuels ont augmenté pour les clients ayant une hypothèque variable en février, mars, avril, mai et juin », rappelle le comparateur financier HelpMyCash, qui soutient que « pour le moment, tout indique que l’Euribor continue d’augmenter ».

Selon la majorité des prévisions, cet indice devrait continuer à augmenter et clôturer l’année au-dessus de 1%. Par exemple, l’association de consommateurs ASUFIN estime que sa valeur sera de 1,50% en décembre 2022, tandis que le département d’analyse de Bankinter prévoit que sa valeur sera alors d’environ 1,90%, atteindra 2,20% en 2023 et se modérera à 2% en 2024.

Derrière la hausse de l’Euribor se cache la hausse imminente des taux d’intérêt dans la zone euro pour lutter contre l’inflation galopante (10,2% en juin en Espagne). Les rendements de la dette ont donc augmenté, exerçant une pression sur le marché interbancaire. Pour contenir l’IPC, la BCE doit relever ses taux d’intérêt de 25 points de base en juillet et il est fort probable que la hausse soit plus importante en septembre, à 0,75 %.

« L’Euribor représente le taux d’intérêt moyen auquel les grandes banques européennes se prêtent entre elles. Et parce que ces banques s’attendent à ce que la BCE leur facture davantage pour les prêts qu’elles leur accordent, elles ont augmenté les taux qu’elles appliquent sur leurs prêts interbancaires. Cela explique pourquoi ce taux a grimpé en flèche depuis février, lorsque l’on a commencé à parler d’un relèvement plus que probable des taux par l’instance européenne », explique HelpMyCash.

Le directeur des investissements d’ATL Capital, Ignacio Cantos, explique que les banques centrales ont constaté que leur seule préoccupation est de contrôler l’inflation et que, par conséquent, si elles augmentent les taux avec force, « l’Euribor peut encore augmenter cette année ».

Le directeur des prêts hypothécaires chez iAhorro, Simone Colombelli, affirme que la hausse de juin est la plus importante de l’histoire de l’Euribor en glissement annuel. Il ne s’attend pas à ce que la hausse de l’Euribor s’arrête, du moins pour le moment, notamment en raison de la révision à la hausse des taux à laquelle procédera la BCE le 21 juillet. Il souligne toutefois que « tous les calculs de fin d’année que nous avons effectués jusqu’à présent sont tombés dans l’oreille d’un sourd » et il préfère rester prudent. « Il faudra attendre au moins jusqu’en septembre pour voir comment l’Euribor se comporte en été et, à partir de là, nous pourrons faire une estimation de cet indicateur pour la fin de l’année. Au-delà, il est très difficile d’être sûr de la façon dont il se comportera », a-t-il reconnu.

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