L’Euribor dépasse les 2 % et frappe les emprunteurs hypothécaires

Banque

La détermination de la BCE pour juguler l’inflation, ce qui l’a conduit hier à procéder à la plus importante hausse de taux de son histoire, de 75 points de base, a eu un impact direct et immédiat sur l’économie de l’UE. Euribor 12 mois. Le taux utilisé pour calculer la majorité des hypothèques en Espagne – quelque 4,1 millions représentant 400 000 millions d’hypothèques en cours – a grimpé de 112 millièmes de point de pourcentage pour s’établir à 2,015% du taux journalier. Il dépasse ainsi la barrière des 2 %, des niveaux qui n’ont pas été atteints depuis décembre 2011. La moyenne provisoire pour septembre s’établit désormais à 1,910%, contre 1,25% en août et -0,492% il y a un an.

C’est un nouveau coup dur pour les ménages, déjà accablés par une inflation élevée de plus de 10 %, qui continueront à voir le prix des biens et des services augmenter. hypothèques. Si les taux d’intérêt augmentent ou si l’on s’attend à ce qu’ils augmentent, l’Euribor augmente, de même que les prêts liés à cet indice, qui n’a pratiquement pas cessé d’augmenter depuis le début de l’année, passant de -0,5% à 2% actuellement.

Sergio Ávila, analyste chez IG, explique que la hausse des taux a une influence négative sur le pouvoir d’achat des familles hypothéquées, car les remboursements de ces prêts augmentent avec la hausse de l’Euribor, ce qui signifie qu’elles doivent allouer une plus grande partie de leurs revenus au paiement de l’hypothèque.

Le titulaire d’un prêt de 150 000 euros sur 25 ans et d’un différentiel de 1% sur l’Euribor paiera 122 euros de plus par mois ou près de 1 500 euros de plus par an. Si le capital restant dû est de 180 000 euros, la facture augmentera de 206 euros par mois ou de 2 474 euros par an.

Selon les prévisions les plus récentes, l’Euribor devrait se situer autour de 2,5 % à la fin de 2022. Certains analystes n’excluent pas que l’Euribor atteigne 3%. Tout dépendra de l’évolution de l’économie européenne et de la décision de la BCE de relever les taux une ou deux fois de plus cette année. Si cette tendance se poursuit, l’Asufin entrevoit la possibilité d’atteindre un Euribor 12 mois de 3 % en 2023, ce qui se traduirait par une augmentation des versements variables de 2 000 euros, en prenant comme référence un prêt de 100 000 euros sur 25 ans.

Les taux directeurs étant déjà à 1,25 %, les investisseurs ont commencé à écarter la possibilité que la BCE porte les taux d’intérêt dans la fourchette 1,75-2 % d’ici la fin de l’année. « Il y a encore deux réunions de l’autorité monétaire en 2022 et le montant de chaque hausse sera largement conditionné par l’évolution de l’inflation, qui est devenue le principal indicateur économique à suivre », souligne Joaquín Robles, analyste chez XTB.

L’Organisation des Consommateurs et des Usagers (OCU) recommande aux consommateurs de prêts hypothécaires à taux variable « la nécessité de disposer d’une marge d’épargne ou de revenus suffisants » pour faire face aux augmentations de remboursement qui surviennent toujours pendant la durée du prêt, sachant qu’il s’agit d’une opération « à très long terme ». « C’est le moment d’utiliser ces économies pour faire face à l’augmentation des remboursements », a-t-il souligné.

De leur côté, depuis la plateforme Hipoo, ils rappellent qu’il existe trois mécanismes pour se protéger : une assurance pour couvrir les éventuelles hausses de tarifs, une pause dans le paiement mensuel des échéances et une renégociation.

De plus en plus de débiteurs hypothécaires essaient de passer à des taux fixes pour éviter l’impact des hausses de taux de la BCE, car il s’agit d’une option qui offre certitude et stabilité mais qui, dans de nombreux cas, coûte de l’argent. En particulier, que le changement de conditions soit effectué avec la même entité (novation) ou avec une autre (subrogation), le client devra payer une commission, qui varie en fonction de chaque banque et que la loi actuelle sur les hypothèques limite à 0,15 % du montant du prêt au cours de ses trois premières années de vie. Pour un prêt hypothécaire de 150 000 euros, cela équivaudrait à un maximum de 225 euros. D’autre part, certaines entités soulignent que depuis des « semaines », certains clients s’intéressent à nouveau aux taux variables et préfèrent négocier avec la banque une réduction du différentiel (l’intérêt ajouté à l’Euribor pour calculer la tranche).

L’Euribor à 12 mois a atteint son pic au-dessus de 5,3 % en 2008, puis est tombé à des taux négatifs de -0,5 % en raison de la politique de taux zéro et de relance monétaire de la BCE. Il a commencé à augmenter en février dernier lorsque la BCE a admis le problème de l’inflation et, le 12 avril, il s’est échangé pour la première fois depuis 2016 en territoire positif.

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