Les actualitÉs : Banque en ligne

20.06.2011

Des banques françaises risquent d’être entraînées dans la chute de la Grèce

La Grèce est en très grande difficulté financière.

Voilà pourquoi trois établissements bancaires français en lien avec le pays (Société Générale, Crédit Agricole et BNP Paris) courent aujourd’hui des risques comme le prétend l’agence de notation Moody’s qui a mis ces trois derniers sous étroite surveillance avec à la clé, le risque de voir leur note chuter.

Moody’s, qui a déjà considérablement baissé la note grecque il y a quelques jours, pense en effet qu’il y a un réel danger de contagion pour les banques qui détiennent la dette hellène.

Et ceci est d’autant plus exact que l’union européenne et le fonds monétaire international évaluent à l’heure actuelle la possibilité de mettre en place un second plan ou bien une restructuration de sa dette afin de sauver la Grèce.

Le pays ne pouvant aucunement dédommager les sommes qu’il doit, jetterait l’éponge et il reviendrait donc aux créanciers de prendre à leur charge une certaine quantité des dettes.

Les chiffrages de la Banque des règlements internationaux relèvent pour leur part que ce sont les banques d’outre-Rhin qui sont en première ligne, devant celles de notre pays.

Toutefois, les trois institutions hexagonales ne courent pas exactement les mêmes dangers. En effet, le Crédit Agricole possède des titres d’Etat en faible quantité mais a une filiale, Emporikin et beaucoup de prêts en cours au secteur privé. A ce sujet, Moody’s pense que l’effet « secondaire » d’un défaut de la nation hellène serait sans doute important à cause de cette exposition directe à l’économie du pays.

En ce qui concerne la Société Générale, la menace est d’autant plus importante que le groupe détient une part majoritaire au capital de la banque hellène Geniki mais aussi un portefeuille de titres d’Etat d’une valeur de 2,5 milliards d’euros.

Toutefois, il y a relativement peu de chance que les établissements bancaires de notre pays voient leurs notes chuter. Car même en cas de défaut grec, les risques économiques seraient sans doute limités dans un premier temps.

M.Prost, directeur général de BNP Paris, a déclaré il y a peu que « son établissement risquait de perdre jusqu’à plus d’un milliard d’euros (1,2) avec une décote de 30% sur ses titres d’Etat ».

Quant a M. Oudéa, patron de la Société Générale, lui « évalue les pertes de son groupe à un demi-milliard d’euros ».

Et l’agence Moody’s a par ailleurs attesté que les trois institutions présentaient de « solides profils financiers et des bénéfices substantiels et diversifiés ».

M.Baroin, ministre du budget, a quant à lui affirmé « qu’il n’était pas plus anxieux que cela car les banques de notre pays font à ce jour partie des meilleurs élèves à l’échelle internationale. En ce sens et si jamais leurs notes devaient chuter, cela n’aurait pas fondamentalement de conséquences dramatiques ».